Séduction en pic mineur

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21 mars 2017

Le Pic mineur est la plus petite des neuf espèces de pics que l’on peut observer au Québec. Cinq d’entre elles résident à l’année sur notre territoire. Pas étonnant qu’elles soient aussi parmi les premières espèces d’oiseaux à manifester des comportements de reproduction, lorsque les beaux jours reviennent. On peut alors entendre résonner leur tambourinage, une manifestation sonore de cette ardeur printanière. Pour les mâles, c’est une manière d’intéresser une partenaire tout en indiquant aux rivaux que ce bout de forêt est à lui.

 Un air familier

Le Pic mineur est sans doute l’espèce la plus commune et la plus familière aussi. Il n’est pas rare de l’apercevoir dans les parcs urbains et les jardins. Il affectionne aussi différents types de forêts autant de feuillus que mixtes. En hiver, il appréciera le bloc de suif suspendu près des mangeoires. Sinon, il arpente les troncs d’arbres, tout comme le fait la plupart des pics, à la recherche d’insectes qu’il déniche sous l’écorce.

Véritable copie miniature du Pic chevelu, le Pic mineur se distingue tout de même de cette autre espèce bien connue par un bec plus menu ainsi que par les taches noires sur les plumes blanches bordant sa queue, les rectrices externes. À l’instar du Pic chevelu, le mâle arbore une belle tache rouge derrière la tête.

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Sur cette photo, on constate la différence de taille entre le Pic mineur (en haut) et le Pic chevelu (en bas). Les deux individus sont des mâles, reconnaissables à la tache rouge que ces espèces arborent à l’arrière de la tête.

Enfin le printemps !

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Grand Pic femelle

Avant-hier, à la veille du printemps, j’ai pu apprécier l’effervescence printanière des pics, lors d’une randonnée à la Réserve nationale de faune du Cap Tourmente, sur la Côte de Beaupré.

Le cap qui surplombe l’érablière nous renvoyait l’écho du tambourinage incessant des pics mâles qui livraient alors un véritable spectacle de percussions, ponctué de cris de mécontentement.

De temps à autre, j’étais témoin d’une poursuite de séduction de Pics mineurs. Le couple se pourchassent alors gentiment, interrompant parfois sa course pour s’exhiber en ouvrant les ailes ou en étalant la queue.

Quelle jolie façon de souligner l’arrivée du printemps.

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Deux séquences de séduction observées en fin de semaine, au Cap Tourmente

 Les pics du Québec

Outre le Pic mineur et les deux autres espèces relativement communes que sont le Pic chevelu et le Grand Pic (voir cet autre article sur le Grand Pic), on peut aussi observer au Québec le Pic à dos noir et le Pic à dos rayé, deux espèces beaucoup plus discrètes qui affectionnent davantage la forêt boréale, le Pic maculé, un mangeur de sève qu’il récolte en entaillant l’écorce d’une multitude de petits trous parfaitement alignés, le Pic flamboyant, un mangeur de fourmis qu’il trouve au sol et le Pic à tête rouge maintenant sur la liste des espèces menacée au Québec depuis 2009. Notons aussi la présence de quelques individus de Pic à ventre roux, une espèce nichant au sud de la frontière qui est toutefois régulièrement observée à divers endroits dans la province et ce même en hiver, notamment au Cap Tourmente, au Lac Saint-Jean, à Chateauguay et dans le Haut-Richelieu.

 

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Quatre des neuf espèces de pics pouvant être observées au Québec, à différents moments de l’année. Dans le sens des aiguilles du montre en commençant en haut à gauche: Pic à dos noir (Côte de Beaupré, février 2017), Pic maculé (Neuville, mai 2015), Pic flamboyant (Lotbinière, mai 2010), Pic à tête rouge (Sainte-Foy, novembre 2012)


Les neuf espèces de pics présentes au Québec, du plus petit au plus grand:

  • Pic mineur (Picoides pubescens) – 27 g (la taille d’un Moineau domestique)
  • Pic maculé (Sphyrapicus varius) – 50 g
  • Pic à ventre roux (Melanerpes carolinus) – 63 g
  • Pic à dos rayé (Picoides dorsalis) – 65g
  • Pic chevelu (Picoides villosus) – 66 g
  • Pic à dos noir (Picoides arcticus) – 70 g
  • Pic à tête rouge (Melanerpes erythrocephalus) – 72 g (la taille d’un Merle d’Amérique)
  • Pic flamboyant (Colaptes auratus) – 130 g
  • Grand Pic (Dryocopus pileatus) – 290 g (la taille d’une Corneille d’Amérique)
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