Restez dans les rangs! …/2

srb_20170304_58772-low4 mars 2017

Pas toujours facile en hiver de trouver des oiseaux. Comme je l’indiquais l’an dernier dans l’article Restez dans les rangs ! , rien de mieux que de parcourir la campagne. Les rudes conditions météorologiques forcent certaines espèces d’oiseaux à se concentrer autour des fermes, la où elles peuvent trouver nourriture et souvent chaleur. Les étables ouvertes constituent de véritables oasis pour les étourneaux, les moineaux et les pigeons. La possibilité de trouver du grain autour des bâtiments et dans les champs souvent partiellement enneigés à cause du vent attire les Alouettes hausse-col, les Plectrophanes des neiges et les Dindons sauvages.

Mais cet hiver, il y avait une espèce en particulier que je souhaitais revoir. Il s’agit de la Perdrix grise (Perdix perdrix). L’an dernier, pour ma toute première observation, j’avais dû me contenter d’un groupe immobile au milieu d’un champ, le long du Chemin Boisclair, près de Saint-Apollinaire, dans le comté de Lotbinière. J’avais pu bien les observer mais uniquement à l’aide de mon télescope. Depuis le début de l’anné, quelques individus ont bien été revus, à quelques reprises, dans le même secteur. Malgré mes multiples tentatives, cette espèce brillait toujours par son absence lors de mes passages. J’avais aussi espéré l’apercevoir lors de ma visite dans le comté de Kamouraska, alors que je m’y étais déplacé pour le Faucon gerfaut (voir Un visiteur de l’Arctique). Là encore, j’ai dû déclarer forfait pour la petite perdrix.

De la taille d’un pigeon, la Perdrix grise appartient à l’ordre des galliformes (les oiseaux semblables à la poule), dans la famille des phasianidés. Introduit au Québec en 1940, cet oiseau originaire d’Europe s’est peu a peu établi dans les régions agricoles du sud de la province. Selon l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, sa présence est possible voire confirmée dans l’ensemble du territoire des Basses-terres du Saint-Laurent. Rares sont ceux qui ont pu l’observer en période de nidification, durant la belle saison. En hiver, on peut toutefois l’apercevoir en petits groupes. Mais ça demeure une espèce fort discrète. Notre seule présence les poussent souvent à trouver refuge loin du regard.

En fin de semaine, j’étais de passage dans la région de Nicolet. Plusieurs mentions confirmaient la présence de Perdix grises dans le secteur au sud de Baie-du-Fèbvre. J’ai donc planifié un léger détour, histoire d’arpenter la région en question.

Samedi matin, je prends la route en direction de Baie-du-Fèbvre. En sortant de la ville de Nicolet, par la route 132, je fais un arrêt pour y observer des Cerfs de Virginie. En cette matinée plus que glaciale, une vingtaine de cervidés se chauffent au soleil, le long de clôture qui borde le terrain appartenant au Ministère de la défense. Un Pygargue à tête blanche adulte passe juste au-dessus de ma tête, en planant doucement dans l’air froid. Je suis si absorbé à contempler cette apparition que je ne songe même pas à me servir de mon appareil photo.

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Mais il fait si froid que je me dépêche à retourner dans mon véhicule. Je me croise les doigts en espérant que ce froid ne jouera pas contre moi, une fois de plus, en ce qui concerne le principal objectif de ce petit détour.

srb_20170304_58770-lowJe m’engage sur la Route du Moulin Rouge.  Je réduis ma vitesse, surveille dans mon rétroviseur au cas où j’aurais à m’arrêter rapidement. De temps à autre, deux ou trois Alouettes hausse-col posées dans l’accotement s’envolent au passage de la voiture.

Une intersection. Je prends à droite, le Rang de la Grande Plaine.

À chaque ferme, je ralentis. La Perdrix grise se réfugie souvent à l’abri du vent, près des bâtiments de ferme, sous les monte-balles ou près des tas de fumiers. Mon regard se promène de gauche à droite, revient sur la route, coup d’œil dans le rétroviseur…

Ici, une haie de conifères… J’examine le dessous de chaque arbre… Sait-on jamais…

Après plusieurs kilomètres à rouler de la sorte, à basse vitesse, je crois voir en passant devant une ferme une forme ronde le long d’un bâtiment. Je m’arrête… Marche arrière… Je m’immobilise entre deux arbres le long de la route déserte. J’allume mes feux de position tout en pointant mes jumelles. Bingo ! J’en vois une enfin… Elles sont en fait deux, le long du mur, en train de picorer dans l’herbe sèche. Je baisse la vitre côté passager et j’ajuste mon appareil photo. C’est à ce moment que j’en vois trois autres sous un monte-balles. Au total, il y a quatre mâles facilement reconnaissables à leur tête orangée et une femelle.

Cliquez sur les photos pour les voir plein format

Malgré la distance qui me séparait des perdrix, leur grande méfiance les pousse à se déplacer, pour se dissimuler au revers d’une butte. Je serais pourtant resté là à les observer plus longtemps. Ça n’aura duré que cinq minutes ! Mais je demeure ravi d’avoir enfin pu en observer ainsi et apprécier la beauté de leur plumage.

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