Chercher une aiguille…

… dans une botte de foin

SRB_20160405_29941-lowQu’est-ce qui peut pousser des ornithologues, qu’ils soient amateurs ou non, à revenir à chaque année, au même endroit, pour voir les mêmes espèces ?

C’est certainement parce que la nature nous offre des spectacles étonnants, dont on ne se lassera jamais. Les grands rassemblements d’oiseaux font partie de ces événements tant recherchés. Il y a quelque chose de captivant à observer des dizaines, des centaines, voire des milliers d’individus rassemblés en une masse compacte. Ça devient presque hypnotisant. C’est donc indéniable qu’il y a de la fascination à vouloir voir et revoir ces regroupements gigantesques, année après année…

Mais il y a d’autres raisons !

Ces grands rassemblements, aussi homogènes puissent-ils sembler, hébergent souvent un ou plusieurs oiseaux d’une autre espèce, qu’elle soit rare, inusitée ou non. La motivation à découvrir de tels oiseaux dépend alors de chacun. Cela peut représenter une occasion d’ajouter une nouvelle espèce à sa fiche personnelle (voir l’article portant sur les raretés: cliquez ici). On peut vouloir tenter ce genre de  recherche uniquement pour le défi car, trouver un individu en particulier dans une telle foule relève certainement de l’exploit.

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Trouvez une aiguille dans une botte de foin ! Dans ce groupe d’Oies des neiges se trouve une Oie de Ross. Elle est plus petite et possède un bec plus court que sa cousine des neiges. Seriez-vous en mesure de la trouver ? La réponse en fin d’article.

30 mars 2016

La semaine dernière, j’ai profité d’une belle journée pour me rendre à Sainte-Catherine, près de Montréal et revenir par la vallée du Richelieu. Au premier endroit, un Cygne siffleur avait été observé la veille. Malheureusement, il n’y était déjà plus le lendemain. Mais pour mon plus grand plaisir, j’ai pu y voir ma toute première Bernache de Hutchins (Branta hutchinsii). Autrefois considérée comme une des races de Bernache du Canada (Branta canadensis), la Bernache de Hutchins est maintenant considérée comme une espèce à part entière. Elle est beaucoup plus petite que sa cousine aussi connue sous le vocable d’outarde (bien que ça ne soit pas une véritable outarde, mais ça c’est une autre histoire). Habituellement, cette espèce de bernache est aperçue parmi des Oies des neiges. Mais cette fois-ci, elle se trouvait parmi des Bernaches du Canada. Et la repérer pouvait constituer un défi en soit. C’est grâce à un autre observateur présent sur place que notre attention fut portée sur ce groupe. Mais même en sachant qu’elle y était, il fallait parvenir à la distinguer des autres… En considérant qu’il existe plusieurs races qui expliquent expliquant la présence de toute une gamme de grandeur corporelle. Outre le fait qu’elle soit plus petite, la Bernache de Hutchins se reconnaît aussi par son bec très court.

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Dans ce groupe de Bernaches du Canada, on aperçoit une Bernache de Hutchins (au centre). Outre le fait d’être plus petite, elle se distingue de l’autre espèce par son bec très court. . Il faut avoir l’œil surtout lorsqu’elles dorment. (Sainte-Catherine, 30 mars 2016)

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Sur cette photographie, on peut constater la grande variabilité de taille entre les différentes races de Bernache du Canada. (Baie-du-Fèbvre, 30 mars 2016)

Mon second arrêt: Saint-Jean-sur-Richelieu. La présence d’une Bernache nonnette (Branta leucopsis) avait été signalée à quelques reprises dans les jours précédents. J’avais réussi à voir ma toute première nonnette, la semaine précédente, alors qu’un autre individu s’était retrouvé dans les battures de Cap-Rouge, à Québec. N’ayant pu l’observer que de très loin, je souhaitais me reprendre pour avoir quelques images de cette jolie bernache. D’abord déçu de ne pas la trouver à l’endroit initialement décrit, quelle ne fut pas ma joie de la localiser plus bas sur la rivière, réfugiée sur un îlot, en compagnie de quelques Bernaches du Canada, de Garrots à œil d’or et quelques autres canards. Les conditions n’étaient pas idéales, mais la satisfaction de la découverte en valait le coup ! Voilà un autre prétexte, la prochaine fois, pour examiner attentivement un rassemblement de Bernaches du Canada. On ne sait jamais ce que l’on pourrait y trouver.

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5 avril 2015

J’ai pris la route vers Baie-du-Fèbvre, dans la région de Nicolet-Yamaska pour la seconde fois cette semaine. Ma cible cette fois-ci ? Deux autres espèces d’anatidés (famille des oies, des bernaches et des canards) que je n’avais encore jamais vues: l’Oie rieuse (Anser albifrons) qui est observée de façon régulière dans l’est et l’Oie à bec court (Anser brachyrhynchus) qui constitue une véritable rareté pour l’Amérique du nord. Encore des aiguilles à trouver dans une botte de foin. Un beau défi quoi !

Le temps était superbe, offrant donc de bonnes conditions de lumière. Par contre, il faisait un froid glacial. Mais peu importe, je me disais que je n’étais pas venu pour rien. Une fois le groupe d’Oies des neiges repéré dans un champ inondé mais encore gelé, sur le bord de la route 132, près du village de Baie-du-Fèbvre, je m’installe, à l’abri du vent, près d’une grange. Je commence alors à parcourir l’étendue de taches blanches à l’aide de mon télescope. La chose s’annonçait pour ne pas être trop compliquée… Ce que je cherchais étaient des taches brunes… Mais attention ! Les juvéniles de l’Oie des neiges sont grisâtres. Il y a aussi chez cette espèce une variabilité génétique jouant sur la taille ainsi que sur la coloration. Il arrive donc que des individus soit de forme sombre (aussi appelée oie bleue). Et à chaque fois qu’un rapace se pointe le bout du bec, c’est la panique… Et tout est à recommencer. Mais ça fait partie du plaisir de ce jeu de découverte. Un véritable « Où est Charlie ? » grandeur nature. Après une quinzaine de minutes, j’avais réussi à dénicher une Bernache de Hutchins parmi les oies blanches. Mais toujours par de traces des deux autres espèces de taches brunes…

Pour trouvez la Bernache de Hurchins, cliquez sur les images afin de les voir en plein format

Et hop, encore un Pygargue à tête blanche qui passe… Et c’est reparti pour assister au soulèvement d’une nuée d’oies criardes… Sans compter, que de façon continue, s’ajoutaient au groupe déjà au sol des centaines d’individus arrivant par petits groupes. C’était par contre l’occasion pour mieux repérer les taches brunes… Et c’est finalement arrivé. Après 35 minutes d’observation, j’aperçoit ma toute première Oie rieuse. En vol, elle se reconnait à la bande blanche sur sa queue. Sa tête est brune, son bec est de couleur rose-orangé et le front est blanc… Le temps de prendre quelques photos, de revenir à mon télescope et je l’ai perdue… Impossible de la dénicher parmi les autres oies. Elle s’était fondue dans la masse pourtant d’une couleur différente. Ce n’est qu’en après-midi, en compagnie de d’autres ornithologues arrivés entretemps, que l’Oie rieuse fut localisée à nouveau. Cet après-midi là, nous avons aussi réussi à trouver une Oie de Ross ainsi que deux autres Bernaches de Hutchins. Ce qui n’est pas mal du tout.

Vous voulez repérer l’Oie rieuse ? Cliquez sur les images pour les voir en plein format

Par contre, il aura fallu faire notre deuil en ce qui concerne l’Oie à bec court. Elle n’aura pas été vue ce jour là. Mais, ça ne veut pas forcément dire qu’elle n’y était plus !

Pour vous en convaincre, voyez ce que j’ai découvert, à mon retour à la maison, en examinant une série de photos. Même si plusieurs n’auront pas eu la chance de voir l’Oie rieuse,  cet après-midi là, elle y était pourtant… Dire que ça aurait pu être l’Oie à bec court tant convoitée: elle se serait envolée sou s nos yeux et on ne s’en serait même pas aperçu !

Pas toujours facile de trouver une aiguille dans une botte de foin !

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Réponse à la question posée en début d’article

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