GDOF 2016

Du 12 au 15 février 2016, se déroulait la 18e édition du Grand dénombrement des oiseaux de février (GDOF), une initiative conjointe de la National Audubon Society, du Laboratoire d’ornithologie de Cornell et de Études d’Oiseaux Canada, trois organismes à but non lucratif dédiés à l’éducation et la recherche scientifique. L’invitation était lancée à tous les ornithologues amateurs du monde entier. Les observations recueillies permettront d’amasser de l’information sur la présence et l’abondance des espèces, permettant ainsi de répondre à des questions et connaître par exemple l’impact qu’a pu avoir le phénomène El Niño sur les migrations des oiseaux, cette année.

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Un  Garrot à œil d’or (Bucephala  clangula) mâle, en plumage nuptial. On reconnaît cet oiseau à la tête noire qui arbore une tache blanche de forme ovale.

Voilà qui faisait un bon prétexte pour rendre visite à mon ami David, maintenant établi sur la Haute Côte Nord.

Une seule ombre au tableau : le Québec a été frappé d’une vague de froid exceptionnelle cette fin de semaine là. Il fallait être vraiment déterminé (ou un peu fou) pour faire de l’observation sur le bord de l’estuaire du Saint-Laurent. Disons que nous étions un peu des deux. La température ressentie a taquiné le -40°C.  Le pire était ce vent qui soufflait si fort qu’il fallait parfois tenir notre télescope pour ne pas qu’il tombe.

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Avec son front plus vertical et la tache blanche en forme de croissant de lune, le Garrot d’Islande (Bucephala islandica) se distingue de son cousin à œil d’or. Le côté du dos présente aussi une série de taches blanches dans la bordure noire.

Samedi 13 février

Samedi après-midi, nous avons exploré la région de Tadoussac et scruté l’embouchure du Saguenay à partir de la Pointe-de-l’Islet et depuis les dunes. Près de la côte, dans les baies protégées, quelques centaines de Canards noirs parmi lesquelles se trouvaient aussi quelques Canards colverts et une belle surprise pour ce moment de l’année : un Petit Garrot femelle ou immature, sans doute l’un des derniers individus à traîner sur la Haute Côte Nord. Au large, nous pouvions apercevoir de larges radeaux de canards marins qui hivernent dans nos eaux : le Garrot à œil d’or, le Garrot d’Islande et le Harle huppé.

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Bécasseau violet (Calidris maritima)

Le clou de l’après-midi fut sans contredit ces trois Bécasseaux violets, à la Pointe-de-l’Islet. Ils demeuraient là, à quelques mètres de nous, sans se soucier de notre présence, tandis qu’ils se nourrissaient à travers les fissures des rochers, à la recherche de littorines et autres petits crustacés. Ce limicole est étonnant. Il s’agit tout d’abord du seul oiseau de rivage à demeurer ici durant l’hiver. Il n’hésite pas à s’aventurer sur les rochers glissants, là où les vagues déferlent. De la taille d’un Merle d’Amérique, son corps trapu, ses courtes pattes et ses larges doigts antidérapants lui permettent d’affronter les difficiles conditions hivernales d’un littoral marin rocheux, ne craignat pas l’exposition aux vagues.

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Dimanche 14 février

La journée de dimanche fut par contre plus décevante. Nous étions partis dans la région de Forestville et de Longue-Rive. Nous avons parcouru plusieurs kilomètres dans les rangs, à la recherche d’une Chouette épervière aperçue deux semaines plus tôt. Sans résultat. Nous avons espéré apercevoir un Faucon gerfaut ou un Harfang des neiges… Mais malgré nos efforts et la distance parcourue, à examiner les battures, aucun de ces prédateurs hivernaux ne s’est pointé le bout du bec. Le littoral aussi ne nous aura pas permis d’apercevoir beaucoup d’oiseaux, mis à part quelques Grands Corbeaux et Goélands marins.

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Il est vrai que le froid était intense et mordant. Mais les passereaux observés ce jour là nous ont montré à quel point le besoin de se nourrir passe avant tout, comme ces Plectrophanes des neiges (Plectrophenax nivalis), au travers des tiges d’Élyme des sables communément appelé Seigle de mer.

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Lundi 15 février

Nos efforts furent beaucoup plus récompensés le lundi. Le mercure avait commencé à remonter, malgré tout de même un -20°C, à l’abri du vent. Les Goélands marins, argentés, bourgmestres et arctiques représentaient parfois un véritable défi d’identification, compte tenu de la distance et de l’œil larmoyant de froid dans le télescope. Nous avons même aperçu quelques Goélands à bec cerclé. C’était étrange de les voir ainsi, sur la banquise dérivante, loin de la ville où ils nous sont plus familiers, à d’autres moments de l ‘année. Notons aussi la présence de Guillemots à miroir.

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Un Goéland arctique juvénile (Larus glaucoides). Très semblable au Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) , il s’en distingue, outre sa taille plus petite, par son petit bec fin et sombre.

Nous avons aussi exploré les boisés tout autour de Les Escoumins et visité quelques postes de mangeoires bien fréquentés. Un total de 22 espèces fut observé ce jour là, ce qui représente une diversité importante pour la Haute Côte Nord, en plein mois de février.

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Sizerin flammé (Carduelis flammea)

 Bilan

Notre bilan global pour ce GDOF 2016 est de 27 espèces, pour trois jours d’observation, malgré quelques rendez-vous manqués. Outre les rapaces déjà nommés, il y a le Harelde kakawi qui figure aussi parmi les absents que je comptais bien pouvoir observer en fin de semaine. Un arrêt à Baie Sainte-Catherine m’aura permis d’ajouter une 28e espèce grâce à un groupe de Fulligules milouinans qui s’y trouvait.

Quelques unes de nos observations de la journée

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Encore merci à David pour m’avoir guidé durant cette très belle fin de semaine.

Pour plus de détails sur le Grand dénombrement des oiseaux de février et les objectifs de ce vaste projet: http://gbbc.birdcount.org/about/?lang=fr

 

Pour un bilan complet de ces quatre jours d’observation à travers le monde qui ont permis de recueillir plus de 143 000 feuillets d’observation, au moment d’écrire ces lignes (les observateurs ont jusqu’au 1er mars pour enregistrer leurs observations) : http://gbbc.birdcount.org/?lang=fr

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